LES PRODUCTIONS
Dom Juan de Molière - création 2010
Mise en scène : Guy Benisty
Un classique de la littérature se caractérise par sa capacité à traverser le temps, et à continuer de parler aux hommes longtemps après qu'il a été composé. Cette fois ci Dom Juan sera incarné par un jeune Français d'origine algérienne et Sganarelle par un Français noir d'origine africaine. Le jeu d'acteur sera simple, vif, direct, ne se préoccupant pas des emplois, mais exclusivement du texte et des situations, la générosité du public se chargeant de faire le chemin vers le personnage sans se soucier des petites distorsions, faites à la tradition scolaire. Nous sommes si confiants dans le génie de Molière que nous savons que sa langue parlera fortement dans le visage de la diversité du peuple français tel que nous la connaissons en Seine-Saint-Denis.
Dom Juan : une interrogation profonde sur la religion, une machine de guerre contre les dévots Relisant le texte, on reste fasciné par sa puissance subversive, intrigué par le courage qu'il avait fallu à Molière pour ainsi s'en prendre frontalement aux puissants de son époque. La chose paraît si invraisemblable que (vaine hypothèse) on se prend à imaginer un Molière aiguillonné par Louis XIV, l'autorisant à s'en prendre ainsi à la religion. La charge contre les dévots est si subtile, pratiquée avec un art consommé du contre-pied, les risques encourus par l'auteur si grands, - quelques années à peine après l'interdiction de son Tartuffe - qu'on imagine qu'il lui aura fallu le soutien d'un souverain pour oser engager sa troupe dans une telle aventure. Sganarelle dans la pièce fait figure de défenseur de la religion, mais la plaidoirie confiée à un bouffon et ramenant la religion au rang de superstition tourne court. Pour les dévots, l'excuse est plus blessante que l'offense. Dom Juan le libertin sort chaque fois vainqueur des joutes oratoires qui l'opposent à son valet. Armé d'une rhétorique puissante on s'attend alors à la victoire de Dom Juan, pourtant le grand seigneur méchant homme, est à son tour mis à bas par son propre cynisme, à la fin de la pièce, rien ne restera intact, ni sa puissante rhétorique libertine, ni le courage chevaleresque et la première franchise de Dom Juan, pas plus que les discours dévots des autres personnages. Cette merveilleuse machine de guerre contre la bigoterie ne peut manquer aujourd'hui encore de nous rappeler à toutes nos idées reçues, à toutes nos croyances infondées, à nos propres compromissions avec les religions, toutes les religions.
Le salon marocain (théâtre à domicile) - création 2009
Texte - Mise en scène : Christophe Ribet
Lasse d'attendre, la maîtresse d'un jeune homme marié endosse les traits d'une assistante sociale de la Caisse d'Allocations Familiales afin de s'immiscer au domicile conjugal de son amant. Elle fera mine d'aider le jeune couple à remplir un dossier de subventions. Jeune couple dont la particularité est d'avoir contracté un mariage mixte endogame : elle est française originaire d'une petite ville d'Afrique de l'Ouest, lui, habitant en France depuis son mariage, est natif de cette même ville. La fausse assistante sociale dévoilera rapidement ses véritables traits, ceux de l'amante venant réclamer sa part du bonheur conjugal.
La pièce lorgne le monde tragique qui habite cette terre de granit et s'invite dans l'intimité de ce trio infernal - la femme, l'amante, le mari. Pour le coup, on a quitté les salons bourgeois du siècle passé et il est question de mariage arrangé, d'immigration, de mariage mixte ou de mariage blanc. Comme une pièce de Marivaux, « Le salon marocain » est une marche vers l'aveu et c'est autour de cet aveu que la pièce va s'organiser et que le public, en devenant complice du mensonge, va pouvoir se constituer.
La figure de l'assistante sociale abordera les questions du couple, du mariage, de la précarité, sans que cela paraisse artificiel, ou tout au moins forcé. Ce qui permettra de glisser au coeur de la pièce des informations reconnaissables par les spectateurs comme, par exemple, comment monter un dossier d'aide à l'équipement mobilier et ménager auprès de la CAF.
Djaja Chicken Cabaret, poulet poulet mon amour
Cabaret participatif - creation 2009-2010
Texte : Guy Benisty - Mise en scène : Guy Benisty, Jean Matthieu Fourt, Sylvie Philibert
Trois soirées de spectacle exceptionnel avec le Cabaret participatif "Djaja Chicken Cabaret" et le Grand concours international de cuisine "Poulet, Poulet mon amour"
26-27-28 février 2010 au Théâtre du Fil de l'Eau à Pantin. Quatre heures de show non stop autour d'un repas concocté par les spectateurs.
Musique, danse, cirque, jeux, une course de poulets filmee, une création theatrale collective entre artistes professionnels et une quarantaine d'amateurs issus des differents ateliers de creation.
Le cinquantieme ou les amants de Françafrique (2007-2008)
Texte - Mise en scène : Guy Benisty
Spectacle en extérieur. Juin 2007 au CEDRE (Paris 19ème), Mai 2008 à Clichy sous Bois et au Cèdre (Paris 19ème) - Novembre 2008 à Pantin (Courtillières)Un Général de l’armée française, son aide de camp, le secrétaire général du mouvement pour l’indépendance, Youssouf le héros de l’armée d’Afrique, grand libérateur de la terre de France, Mariama l’héroine tragique, Mathilde la femme française, etc. Tout ce monde évolue au gré de l’Histoire des amours et des intrigues dans l’univers tragique de la Françafrique. Au travers de destins français et africains qui se croisent entre immigration et politique africaine de la France, la pièce est une traversée tragi-comique de l’histoire contemporaine depuis la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours en passant par les indépendances des pays africains et la période post-coloniale et maintenant?...Le Cinquantième, ou les amants désunis de Françafrique est le fruit de la rencontre entre les demandeurs d’asile accueillis au Cèdre (antenne du secours catholique) et les habitants des quartiers à Pantin , Clichy-sous-Bois et Montfermeil.
Ligne de confidentialité (2005/2006)
Texte et mise en scène : Guy Benisty
Spectacle joué en extérieur avec le dispositif « caravane théâtre »Ce spectacle se compose de scènes puisées dans trois pièces montées par le Githec ces dernières années répondant à la notion de témoignage et se déroule dans un bureau de la CAF.
De longs bains de ténèbres (2006)
Texte : Christophe Ribet - Mise en scène : Guy Benisty
Représenté A Bobigny et à Pantin dans le cadre des Rencontres d’automne (ARIA)- au Théâtre au fil de l’eau.Dans le bureau de la Mission locale pour l’emploi, un jeune homme a rendez-vous avec un conseiller en insertion. Les hommes se font face, l’un dans une empathie toute administrative, l’autre dans l’évitement stratégique d’une naïveté de façade. En ¼ d’heure, il faut choisir, une formation, un métier, un stage, un destin… Il faut choisir et il n’y a rien à choisir.
Mohamed l’inventif : le retour(2004)
Texte : Guy Benisty - Mise en scène : Guy Benisty et Jean-Matthieu Fourt
Un spectacle tragi-comique, issu des ateliers de création du Githec à Pantin et à Sevran et qui raconte l’histoire de Mohamed l’Inventif, le plus malheureux des hommes qui souffrit longtemps loin de sa famille. L’Odyssée contemporaine d’un travailleur immigré, d’un Ulysse de banlieue, interdit de retour dans son pays. Nous avons voulu confronter le grand mythe du retour et de la nostalgie à l’histoire de l’immigration.
Ulysse retrouvé : le retour du père (2004)
Texte et mise en scène : Christophe Ribet
1989 : Ulysse quitte la cité, il part jouer en Turquie un match de foot… à la mort. L’enjeu : Ramener la belle Lila à son mari Momo. Ulysse laisse seuls sa femme et son fils de deux ans. Aujourd’hui : le fils d’Ulysse a bientôt 18 ans. Son père, retenu prisonnier depuis 15 ans par une belle femme turque, ne l’a pas vu grandir. 2004, l’année des surprises : la Grèce gagne le championnat de football et Ulysse va enfin rentrer…..
Un souffle entre le Bien et rien (2002)
Texte et mise en scène : Guy Benisty
La pièce s'inspirant du personnage de Goetz dans le "Diable et le bon Dieu" de Jean Paul Sartre suit les méandres de l’intrigue du mal absolu en observant un monstre qui deviendra - est-ce possible ? - un ancien monstre. Sont réunis là : une jeune femme, un responsable politique, un conseiller principal d'éducation, quelques lascars dont un pire que les autres. Celui-là c’est un vraiment haineux, vicieux, pervers, fourbe et méchant, un traître invétéré qui donnerait sa mère, un qui s'est voué au mal et qui, ultime trahison, va trahir le mal pour le bien. Il conçoit alors une action positive en faveur de la cité, une vraie politique de la ville à lui tout seul. Mais le mal ne se laisse pas trahir si facilement.
93 TV "zone temporaire" (2002)
Création d’une télévision citoyenne – Réalisation de 22 émissions Diffusion sur le canal 35 (hertzien) du 08 octobre au 23 novembre 2002
Plateaux en direct : sous le chapiteau du spectacle « un souffle entre le bien et rien » La maxime maintes fois répétée tout au long de cette aventure : une télévision depuis la banlieue et non une télévision sur la banlieue. Nous voulions quitter le discours banlieue caricatural de certains médias qui parlent des habitants de banlieue en les montrant et de ce fait les figent dans une image convenue et réductrice. L’enjeu de 93 TV n’était donc pas de reproduire cet écueil mais de s’attacher à parler de tout en prenant soin de problématiser ce tout à partir d’un lieu particulier, celui d’une cité de la Seine-Saint-Denis.
On reviendra mourir une autre fois (2002)
Texte et mise en scène : Guy Benisty, assisté de Pierre Guillois
En extérieur sur la "plaine de jeu Pasteur" à Colmar - En partenariat avec La ManufactureMohamed s'inscrit à un concours international de danse hip-hop. Son père s'y oppose et décide de l'envoyer au bled apprendre le métier de garagiste. Kevin et François, deux autres gamins du quartier font le serment solennel de s'enfuir et de s'engager dans la légion étrangère. Leïla cherche sa mère qui l'a abandonnée il y a seize ans. Chacun bataille pour suivre le destin qu'il s'est fixé, mais l'amour, la trahison et les fantômes s'en mêlent, les vies s'entrecroisent, surpenantes, imprévisibles, dangereuses… Le décor c'est la ville. Deux écrans suspendus dans le ciel retransmettent en direct les images de trois caméras vidéo qui espionnent les personnages et donnent à voir la face cachée de la représentation théâtrale et chorégraphique. La voix des acteurs est retransmise par les micros H.F.
Comme un chien sous la pluie (1999)
Spectacle en plein air dans la rue des Courtillières à Pantin et radiodiffusé sur la radio temporaire "Fréquence commune" créée par le Githec et les habitants de la cité.Le spectacle était conçu de telle manière qu'étant joué au pied des immeubles , il était aussi vu depuis les fenêtres des habitations et entendu parfaitement sur la radio "Fréquence Commune". Toujours pareil : un homme rencontre une femme, et c’est l’intrusion d’une morale érotique dans une morale politique. Tout s’est passé ici, au pied de ces immeubles, sous ce ciel bas. Du fond de la cité, ils sont nés l’un à l’autre. Ici ils ont grandi, ici ils se sont rencontrés, ici ils se sont aimés et ils se sont séparés.
Vivre ça suffit pas (1997)
Spectacle en plein air – joué dans plusieurs lieux au milieu de citésQuelques chaises, le décor de la ville, puis lentement une voiture sécuritaire s'avance dans la cité, le spectacle commence. Nous sommes au XXIème, XXIIème, XXIIIème siècle, nous sommes plus tard. Dans une cité de banlieue, une jeune femme aidée par un employé de la sécurité débarque pour prophétiser la fin du monde. Un "super" flic chargé du maintien de l'ordre tentera de s'interposer entre la jeune femme et les habitants du quartier. Pas à pas, la catastrophe s'approche.
Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux (1997)
Représentation dans l’ancien Centre administratif de la ville de Pantin à l’époque déserté,actuellement Centre National de la Danse.Dans l’ancienne ANPE désertée, des hommes et des femmes sont convoqués sans qu’ils sachent pourquoi. Ils attendent comme un personnage du "Procès" de Kafka, jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent que le point commun qui détermine leur présence est le fait qu’ils n’ont pas d’emploi.
Maintenant rien que maintenant (1996)
En plein air sur la Zac de la "Vache à l’aise", une route jamais affectée, oubliée par le Pos. Un mois de répétitions en extérieur. Sur le bord de la route, nous avions jardiné un espace de théâtre bucolique et urbain. L’histoire d’un jeune chômeur qui trouve un boulot, un boulot de roi, seulement le boulot de roi ce n'est pas vendre des bicyclettes. Un texte de Christine Spianti librement inspiré de Tristan et Yseult.
Y’a pas qu’la mort (1995)
Spectacle d’extérieur en plein mois de mars dans le parc des Courtillières à Pantin et radiodiffusé dans les appartements de la cité.Une rencontre violente hasardeuse et émouvante entre le théâtre et le quartier des Courtillières qui vivait un moment douloureux. Le spectacle s’appelait Y’a pas qu’la mort et deux jours avant la première un jeune homme mourait poignardé par un autre dans une rixe stupide. Le titre de la pièce résonnait alors comme un cri de survie


























